Biodiversité/Forêt

Hommage à Juana Payaba Cachique, gardienne de l’Amazonie

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Juana Payaba Cachique et sa fille.

Lors de notre récent gala annuel la semaine dernière à New York, Rainforest Alliance a honoré Juana Payaba Cachique, ancienne chef de la communauté indigène de Tres Islas dans la région de Madre de Dios, au Pérou. Cette femme remarquable, infatigable défenseur de la forêt et des droits de sa communauté, a reçu le Prix « Community Leadership Award 2016 » pour son long combat contre l’exploitation forestière illégale et minière dans son village.

Tres Islas vit maintenant de l’exploitation forestière durable et fabrique des produits forestiers non ligneux. Découvrez l’histoire de cette femme d’un très grand courage qui se bat pour la préservation des ressources naturelles de l’Amazonie. Pour nous tous !

Un grand silence rempli de respect règne dans le lieu de stockage à ciel ouvert. Tous les yeux sont dirigés vers Juana Payaba Cachique, l’ancienne chef du village de Tres Islas, qui regroupe les peuples autochtones de Ese’eja et Shipibo. Les journalistes et autres visiteurs ont entendu parler de ses luttes en Amazonie péruvienne contre les ravages causés par l’exploitation de l’or dans la région, et ont été conviés à Madre de Dios pour l’écouter.

Pour l’avenir, Juana Payaba Cachique a lutté avec sa sœur, au nom des peuples Ese’eja et Shipibo, contre la destruction de leur forêt pour défendre avec succès les droits fonciers de leur communauté devant la Cour suprême du Pérou. « En tant que représentantes de notre communauté, nous avons besoin d’assurer à nos enfants un avenir », déclare Juana quand elle parle de son combat long et difficile. « Nous ne pouvons pas penser qu’à nous-mêmes. »

Tout comme l’une des six communautés autochtones de l’Association forestière indigène de Madre de Dios (Asociación Forestal Indígena Madre de Dios, Afimad),  Tres Islas travaille en collaboration avec Rainforest Alliance depuis 2009. Grâce à une gestion durable des forêts 31.000 hectares de terres ont été protégées.

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Cette collaboration protège la flore et la faune très riche de cette région, tout en soutenant des moyens de subsistance pour la population locale, grâce à la production durable de noix du Brésil, de bois et d’aguaje (ou fruit du Palmier-bâche). Des programmes de formation au niveau local, ont permis de former la communauté de Tres Islas à la gestion durable de leurs forêts, à générer une valeur ajoutée à leurs produits forestiers, à pénétrer de nouveaux marchés et à améliorer leurs revenus. Ces activités à but lucratif sont également importantes pour d’autres communautés comme incitations économiques à protéger leur forêt. De telles initiatives sont donc également cruciales pour la protection à long terme des écosystèmes précieux de la forêt tropicale et pour l’auto-détermination des peuples autochtones qui y en dépendent.

Juana se souvient quand l’extraction du mercure a commencé à polluer les rivières, a empoisonné les poissons et a affecté la santé des villageois qui mangeaient les poissons des rivières. Les forêts ont été abattues et les droits des peuples autochtones souillés ; la prostitution était présente alors Juana ne pouvait pas restée témoin de cette dévastation sans rien faire ; elle a commencé la lutte que nous connaissons aujourd’hui.

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Son engagement comme chef de Tres Islas était le meilleur scénario afin de travailler avec tous les villageois, et en collaboration avec Rainforest Alliance, sur des programmes de formation et d’assistance technique, afin de soutenir la communauté dans son projet de construction de sa propre usine de transformation.

Elle sait qu’il s’agit là d’une lutte permanente car l’ambition d’extraire de l’or dans la région ne sera pas abandonnée facilement ; et aussi parce que maintenant, il faut faire face aux défis du changement climatique. Le schéma des précipitations dans la région est altérée et affecte la récolte de la châtaigne qui nécessite plus de soleil.

Mais Juana ne renonce pas à ses rêves. Grâce aux ventes réalisées par l’usine, la communauté a été en mesure d’acheter un transformateur qui leur permettra de stocker de l’énergie et obtenir des coûts de production plus bas.

Ainsi  Juana Payaba Cachique, le président de l’Afimad Martin Huypana, ainsi que d’autres habitants de Tres Islas ont mené une véritable lutte  pendant des années. Ils ne sont pas pour rien les « gardiens de l’Amazonie. »

En savoir plus sur les luttes de Juana Payaba Cachique.

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