Agriculture

L’ananas : Pour une production responsable et respectueuse de l’environnement au Costa Rica

Au cours des dix dernières années, la production d’ananas au Costa Rica a augmenté de 300%. Aujourd’hui, le Costa Rica est le troisième exportateur mondial d’ananas et ce fruit est le deuxième produit d’exportation du pays, après la banane et devant le café.

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La majorité des ananas du Costa Rica sont exportés vers l’Europe et l’Amérique du Nord où les consommateurs exigent des fruits « parfaits ». Cette demande de perfection est un énorme défi pour les producteurs du Costa Rica. Chaque année, de nombreuses cultures d’ananas sont attaquées par deux principaux ravageurs : des infestations de mouches, les stomoxes, ainsi que le Thecla basilides, une chenille rouge provenant d’un petit papillon. La chenille creuse des cavités plus ou moins profondes et provoque la déformation du fruit. Les producteurs d’ananas disent que les acheteurs peuvent renvoyer l’intégralité de leur commande pour un seul ananas affecté.

Les attaques du Thecla basilides sont devenues de plus en plus fréquentes ces dernières années. Ces parasites ne sont pas seulement mauvais pour les agriculteurs, mais aussi pour l’environnement. Habituellement, les agriculteurs ont une politique de tolérance zéro contre ces ravageurs et si une plante est infectée, on pulvérise un pesticide sur l’ensemble de la zone de culture. Ce qui signifie que l’on pulvérise de vastes zones.
Le carbaryl est un des insecticides les plus couramment utilisés pour lutter contre les Thecla basilides. Mais c’est un pesticide qui tue aussi les insectes utiles. De plus, il aurait des propriétés cancérigènes. L’utilisation du carbaryl est interdite dans les plantations certifiées Rainforest Alliance.

Outre le problème des ravageurs, les producteurs d’ananas doivent également surmonter deux autres défis majeurs : la gestion de la matière organique à la fin du cycle de production et la volatilité des prix du marché.

Au Costa Rica, Rainforest Alliance travaille avec les producteurs d’ananas pour mettre en place une production responsable et respectueuse de l’environnement. L’ONG oeuvre pour un modèle de production responsable sur le plan social tout en respectant des normes strictes de protection de l’environnement. Les plantations certifiées Rainforest Alliance respectent les normes SAN (Sustainable Agriculture Network) pour une agriculture durable. Elles doivent conserver des forêts autour des plantations d’ananas et préserver les ressources hydriques. Les travailleurs agricoles bénéficient de formations, de conditions de travail décentes, de non discrimination et d’égalité des salaires entre les hommes et les femmes. Notre objectif est de développer des bonnes pratiques sociales et environnementales dans la culture de l’ananas qui génère 27 000 emplois directs et plus de 100 000 emplois indirects dans l’ensemble du pays.

« Nous cherchons des approches efficaces pour lutter contre les ravageurs de l’ananas », déclare Oscar Maroto du programme Agriculture Durable chez Rainforest Alliance. L’ONG reconnaît que les producteurs d’ananas ont besoin d’une alternative durable au carbaryl pour lutter contre les Thecla basilides. Par conséquent, Rainforest Alliance travaille avec les différentes parties-prenantes sur les moyens de combattre ce ravageur. Suite à des discussions avec les industriels, chercheurs, autorités locales et producteurs, il est apparu que la meilleure façon de combattre ce fléau ne consiste pas toujours à pulvériser des produits chimiques.

D’autres propositions ont émergé :
– Mettre en place des écrans géants rouges qui attirent les papillons loin des vergers
– Utiliser des pesticides en rotation et suivre des mesures de protection pour leur application
– Utiliser des répulsifs tels que le Surround WP (un produit approuvé pour l’agriculture biologique)
– Libérer des parasites qui attaquent les Thecla basilides
– Retirer les plantes qui attirent la présence des papillons Heliconia (transporteurs des Thecla basilides)
– Utiliser la lutte biologique (par exemple en isolant les phéromones des papillons)

« Nous devons nous rappeler que ces insectes se sont adaptés aux monocultures d’ananas lorsque leurs habitats naturels ont progressivement diminué » , explique Helga Blanco, entomologiste au Centre de Recherches sur la protection des cultures de l’Université du Costa Rica. En d’autres termes, nous avons créé le problème que nous essayons maintenant de régler. Nous avons discuté d’un certain nombre de solutions possibles, mais il reste encore beaucoup à discuter et décider. « Il faudra du temps avant de savoir si ces solutions sont vraiment viables pour les producteurs », ajoute Helga Blanco. Rainforest Alliance poursuit la réflexion avec les diverses parties-prenantes afin de progresser dans la mise en oeuvre d’un modèle de production durable respectueux des populations locales et de l’environnement.

En savoir plus sur Rainforest Alliance et son programme Agriculture durable.

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