Climat/Forêt

Les entreprises en première ligne pour lutter contre la déforestation

Credit photo : Flickr/crustmania

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Dans un article (en anglais) venant de paraître dans Triple Pundit, le directeur du programme climat de Rainforest Alliance, Jeff Hayward, explique le rôle des entreprises dans la lutte contre la déforestation. Il dit aussi pourquoi la déforestation sera un sujet central dans les négociations de la conférence de Paris sur le climat (COP21), en décembre prochain. Voici l’essentiel de l’article de Jeff Hayward traduit en français :

Les forêts sont un élément indispensable du puzzle climatique, c’est pourquoi elles se situent au premier plan dans les nouveaux Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU ; elles vont également peser lourd dans les négociations sur le climat de la COP21 à Paris. Les secteurs de l’agriculture, sylviculture et autres utilisations des terres constituent le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre (GES) après l’énergie. Ils représentent près d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dont environ 10 à 11 pour cent provenant de la déforestation ; le reste étant causé par l’agriculture, elle-même principale moteur du déboisement.

Les entreprises jouent un rôle clé pour transformer les pratiques d’utilisation des terres et arrêter la déforestation. L’approvisionnement responsable en matières premières agricoles décourage la conversion des forêts en zones de cultures et encourage la gestion durable des forêts.

Les entreprises ont participé à la définition des ODD, comprenant l’arrêt de la déforestation, la conservation et la restauration des forêts, le reboisement et la mise en œuvre d’une gestion durable de tous les types de forêts d’ici 2020. Les entreprises devraient jouer un rôle plus important dans leur mise en œuvre, comme cela a été souligné à un récent forum de l’ONU.

Les entreprises sont également mobilisées comme jamais auparavant sur le processus de l’ONU relatif au changement climatique. Les patrons de 43 des plus grandes entreprises mondiales, se faisant appeler « B Team », exhortent les dirigeants politiques du monde entier à s’engager sur zéro émission nette d’ici 2050 au lieu de 2100. Plusieurs milliers de grands patrons vont se réunir à Paris en décembre pour faire l’analyse de rentabilisation des actions audacieuses contre le changement climatique ; ils chercheront à avoir une vision claire de la portée d’un accord climatique.

Mais en attendant, les entreprises ne sont pas en attente d’un accord. Elles sont déjà dans l’établissement et la poursuite de leurs propres objectifs pour arrêter la déforestation.

Beaucoup de grandes entreprises ont annoncé des engagements individuels de « non déforestation ». Cinquante-deux d’entre elles se sont jointes aux gouvernements pour signer la Déclaration de New York sur les forêts, les engageant à réduire de moitié la perte des forêts d’ici 2020 et à l’arrêter d’ici 2030. Grâce au Consumer Goods Forum, à la coalition CDP/We Mean Business et au Tropical Forest Alliance 2020 pour un partenariat public-privé, des centaines de grandes entreprises se sont engagées à éliminer la déforestation de leurs chaînes d’approvisionnement d’ici 2020, y compris celles qui représentent 90 pour cent du commerce mondial de l’huile de palme.

Ce qui importe le plus c’est de transformer ces déclarations en actions concrètes. La protection des forêts est une proposition qui touche à de multiples niveaux de nombreuses questions inextricablement liées : les communautés forestières et les droits des travailleurs, le traitement des écosystèmes non forestiers, les ressources en eau, etc. Aussi, mettre en place des chaînes d’approvisionnement durables, en ce qui concerne les forêts, exige une gestion durable active sur de nombreux fronts.

Les producteurs de matières premières agricoles peuvent mettre en oeuvre tout une série de pratiques durables allant de l’agroforesterie, au reboisement, au maintien de zones tampons des forêts, à la réduction de l’utilisation des pesticides, à la préservation de l’eau et des sols et à la protection de la faune. La multinationale Nespresso met en œuvre ces pratiques avec les producteurs de café dans les plantations. Elle teste un programme visant à renforcer la résilience climatique des caféiculteurs grâce à l’agroforesterie.

Pour les entreprises qui s’approvisionnent en bois et pâte à papier, une chaîne d’approvisionnement « sans déforestation » ne peut vouloir dire qu’il n’y a pas eu d’arbres coupés. Mais cela peut signifier que les pratiques d’approvisionnement d’une entreprise sont durables et contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre si les forêts de leurs fournisseurs sont gérées de manière durable. Domtar, le leader nord-américain des pâtes et papiers, travaille à s’approvisionner uniquement en fibres provenant de sources certifiées FSC (Forest Stewardship Council).

Quel que soit les objectifs ou les accords internationaux sur les forêts, ils ne seront valables que s’ils sont mis en œuvre. Il faudra différents acteurs à plusieurs niveaux dont les gouvernements nationaux, les autorités locales et la société civile, pour en faire une réalité. Mais les grandes entreprises ont un rôle particulier à jouer. Leur leadership d’auto-démarrage sera un facteur clé dans l’arrêt de la déforestation, rendant les chaînes d’approvisionnement forestières durables, réduisant les émissions de GES provenant de l’agriculture et la sylviculture, et des secteurs d’autres utilisations des terres.

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