Développement durable

Six tendances favorisent le doublement des efforts de développement durable des entreprises

Le développement durable affecte déjà de manière significative de nombreux secteurs. Mais les questions environnementales et sociales peuvent continuer à se développer largement et se positionner beaucoup plus haut dans la liste des priorités des entreprises.

Le Forum mondial Convergences qui se tient du 7 au 9 septembre à Paris, réunit tous les acteurs publics, privés et solidaires pour discuter d’alternatives économiques et de solutions innovantes en faveur d’un monde plus équitable et durable. Eric Servat, responsable Développement Marchés Durables Europe du Sud chez Rainforest Alliance, en charge du programme Huile de palme, animera dans le cadre des ateliers sur la lutte contre la déforestation et le changement climatique, une table-ronde sur le thème « Comment gérer les risques d’approvisionnement liés à la déforestation ? ».

De nombreuses entreprises ont franchi une nouvelle étape, se définissant par un engagement plus profond sur les questions pertinentes de développement durable (lutte contre la pauvreté, préservation de l’environnement…).

De grandes marques qui intègrent la durabilité surpassent le marché boursier de 133 pour cent. 15 pour cent du marché mondial du thé et près de 14 pour cent du marché mondial de cacao proviennent de plantations certifiées Rainforest Alliance. Par nos actions, plus de 52 millions d’hectares de forêts et de terres agricoles sont gérés de façon durable dans 77 pays.

Mais cela représente encore peu comparativement à l’ensemble des efforts nécessaires à réaliser pour un monde durable.

L’huile de palme est un produit agricole qui contribue à l’avènement d’une vague de préoccupations croissantes sur les questions de durabilité.

palm_oil_shutterstock

En 2020, la part des productions agricoles certifiées Rainforest Alliance dans le monde devrait croître de 24 pour cent pour le bois, 30 pour cent pour les bananes et 53 pour cent pour le café. Deux autres domaines, l’huile de palme et l’élevage bovin, augmenteront respectivement de 700 et 7000 fois.

Plus largement, les signataires de la Déclaration de New York sur les forêts et les entreprises membres du Consumer Goods Forum se sont engagés à réduire la déforestation liée à leurs chaînes d’approvisionnement d’ici 2020, ainsi que de nombreuses autres entreprises qui font des déclarations de non déforestation similaires.

« Saisissons cette occasion pour captiver l’imagination des hommes politiques, » a déclaré Naoko Ishii, président du Fonds mondial pour l’environnement, lors d’une réunion de Rainforest Alliance. « Les défis restent énormes, mais nous pouvons parvenir à un changement transformationnel et passer à un niveau supérieur de développement durable. »

Il y a actuellement un point de basculement où les questions de durabilité traverse les différents secteurs de l’entreprise et intègre des objectifs divers.

Voici quelques-unes des tendances :

1. Un déplacement du comportement des consommateurs

Les valeurs sociales et environnementales fusionnent avec de nouvelles attitudes de consommation, de conception et d’innovation produit, déplaçant le curseur mis par le consommateur « de l’obligation de désirer » vers le développement durable, déclare Raphael Bemporad de BBMG, un cabinet conseil des marques qui a suivi les tendances sur quatre ans.

Ceci est alimenté par l’essor démographique de ceux que l’on a baptisé, en anglais, les « Aspirationals », influenceurs culturels qui contribuent à façonner de nouvelles normes, qualité de la demande, fonctionnalité, esthétisme et durabilité ou un sens de responsabilité. Ils représentent pour la plupart ceux que l’on appelle « les millénaires » ou GenX (les premiers à avoir grandi au contact de l’ordinateur), ayant fait des études supérieures et constitués majoritairement de femmes (54%).

Ils représentent une force puissante dans les pays émergents (plus de 50 pour cent des consommateurs en Inde et plus de 40 pour cent en Chine), et dans le monde (plus de 40 pour cent des consommateurs au Canada et au Pérou, plus de 30 pour cent aux États-Unis).

2. Mettre fin aux « silos départementaux »

« Pendant trop longtemps, le développement durable a été cloisonné », explique Raphael Bemporad. Il a été relégué aux questions d’utilisation des ressources ou à la traçabilité des chaînes d’approvisionnement, et peu pris en compte dans les décisions marketing et de leadership.

Pourtant, il joue un rôle critique à différents niveaux de l’entreprise, de la conception, au marketing, à la stratégie de marque et au management.

« Tenir un discours sur les ressources limitées n’inspire pas les professionnels du marketing. Mais avoir un discours d’équité et de loyauté, si », a déclaré Sally Uren du Forum for the Future à Londres. « Le développement durable ne peut se limiter à compter les émissions de CO2 ou à la réduction des déchets. La durabilité, c’est beaucoup de choses : la gestion des risques, une approche directe du marketing. Les indicateurs de développement durable doivent être intégrés aux objectifs de l’entreprise. »

3. Assurer la qualité et les approvisionnements

Beaucoup d’entreprises se lancent dans le développement durable car elles ont besoin d’un approvisionnement fiable de produits de haute qualité, qui peuvent être exposés à des perturbations.

« Pour atteindre un développement durable, nous nous concentrons sur la qualité et la cohérence », a déclaré Daniel Weston de Nespresso, qui achète 84 pour cent de son café grâce au programme Nespresso AAA pour une Qualité Durable (Nespresso AAA Sustainable Quality ™).

4. Intégrer des objectifs environnementaux et sociaux divers

« Les déclarations de non déforestation ne sont pas suffisantes », a déclaré Michael Garcia de Domtar, géant canadien de la pâte à papier. « Nous avons besoin de chaînes d’approvisionnement durables. »

Une nouvelle initiative entre les entreprises Domtar, Avery Dennison, Columbia Forest Products et Staples consiste à travailler avec les exploitations forestières familiales pour renforcer la gestion durable des forêts et assurer un approvisionnement durable dans le sud-est des États-Unis.

Mais la mise en œuvre d’un objectif de développement durable de non déforestation dépend de nombreux autres facteurs interdépendants, tels que l’eau (propre), les écosystèmes non forestiers et les conditions sociales et économiques n’alimentant pas d’exploitation forestière illégale.

L’agriculture est le principal moteur de déforestation. Alors la protection des forêts exige également d’augmenter les rendements de manière durable sans augmenter les surfaces agricoles, tout en répondant à la hausse de la demande alimentaire mondiale et en améliorant les moyens de subsistances des producteurs et communautés agricoles, sans détruire d’avantage de forêt.

Cela nécessite une meilleure santé des sols, une gestion des ravageurs, une adaptation au changement climatique, etc. Les petits exploitants ont besoin d’améliorer et d’acquérir des compétences en littératie financière afin d’obtenir des prêts et gérer au mieux leurs activités.

Rien de tout cela ne peut se faire sans un engagement social, qui respecte les préoccupations et les droits des travailleurs et des communautés locales.

Marcelo Strufaldi Castelli, PDG de l’entreprise papetière brésilienne Fibria, l’a décrit comme une condition préalable, une  » licence sociale d’exploitation. »

 » Nous avons dû nous déplacer du point de vue des actionnaires vers le point de vue des parties prenantes « , ajoute-t-il.

« Nous opérons au Bangladesh, au Sri Lanka, en Indonésie et au Pakistan », dit Dean Scarborough, PDG de la société d’étiquetage et d’emballage Avery Dennison. « Notre travail en matière de responsabilité sociale a contribué à la reconnaissance de notre entreprise dans les marchés émergents. »

5. Accroître l’engagement des gouvernements

Sous la direction du ministre de l’environnement Marina Silva, le Brésil a réussi à réduire la déforestation de 90 pour cent en cinq ans seulement.

« Nous avons converti les bonnes idées qu’il y avait en politiques concrètes, » a déclaré  Mme Silva lors du sommet de New York sur les forêts, « y compris celles des entreprises, des communautés locales et des ONG. »

Le secteur de l’élevage bovin au Brésil a aussi énormément contribué en réduisant la déforestation de 50 pour cent. Le gouvernement du Costa Rica a déclaré 25 pour cent de ses terres en zone protégée pour lutter contre la déforestation, et a cherché des solutions innovantes pour les rendre productives, car la terre ne sera pas convertie en surface agricole.

Le pays a institué le paiement de services environnementaux aux propriétaires fonciers, financés par une taxe sur l’essence et même des Obligations vendues à la bourse de New York. Ce pionnier de la certification de tourisme durable, en partenariat avec des ONG, comme Rainforest Alliance a formé divers acteurs du tourisme et voyagistes. Le Costa Rica accueille aujourd’hui 2,5 millions de visiteurs par an.

 » Nous avons montré qu’il peut être rentable de préserver la nature « , a déclaré Gina Guillen de la Mission des Nations Unies au Costa Rica.

Mais répliquer des réussites comme celles-ci exige un engagement du gouvernement fort pour accélérer le rythme du changement.

6. Révolutionner la communication

L’évolution rapide des outils de communication intensifie l’accent porté sur les moyens clés du développement durable.

L’année dernière, le journal britannique The Guardian et Rainforest Alliance ont lancé « Vital Signs », une plate-forme commune sur le développement durable, le changement climatique et le rôle des entreprises responsables dans la société, avec des contenus provenant des entreprises Domtar, Avery Dennison et Chiquita. Ce fut la première fois que plusieurs marques se réunissaient autour d’un telle initiative.

« La plate-forme a obtenu un engagement énorme de la part des consommateurs, et pas seulement d’économistes et d’universitaires », a déclaré Charlie Wilkie du Guardian.

L’engagement s’est développé à travers le monde et la réputation des entreprises a augmenté de 166 pour cent. Comme une réputation peut être brisée ou acquise à travers les communications en ligne entre pairs, il est indispensable d’avoir mis en place des pratiques durables et de les communiquer aux consommateurs.

Les producteurs, eux aussi, de plus en plus connectés, même dans les régions reculées, créent des opportunités d’apprentissage interactif entre pairs sur le développement durable et les bonnes pratiques. Ils acquièrent également une meilleure compréhension de la manière dont ils affectent les marchés et les consommateurs.

Nous travaillons en réseau avec les agriculteurs, les exploitants forestiers, les entreprises et les consommateurs, et proposons des contenus à partager tels que des vidéos de formation et des programmes incitatifs comme « Free Cell Phone minutes » pour télécharger des contenus.

Ces tendances sont toutes convergentes et alimentent une approche plus globale du développement durable et à une plus grande échelle. La durabilité n’est plus seulement vue comme un moyen de gérer les risques ou de gagner des parts de marché, mais comme un aspect central de l’activité économique à venir dans toute sa dimension.

Enfin, Selon Marina Silva « Le développement durable n’est pas seulement un moyen de produire de l’énergie ou d’extraire des ressources ; il est une manière d’être, une idée de la vie, une façon de voir le monde, maintenant et dans le futur ».

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