Etudes d'impact/Forêt

La sylviculture durable peut mieux préserver les forêts que les parcs nationaux

Créer des parcs nationaux, est-ce réellement la meilleure façon de préserver les précieuses forêts de la planète ? Peut-être pas. Le nouveau rapport intitulé Deforestation Trends in the Maya Biosphere Reserve (Les tendances de déforestation dans la réserve de la biosphère maya, en français) montre que la gestion durable des forêts en Amérique centrale fonctionne au moins aussi bien, voire mieux que les parcs nationaux.

La réserve de la biosphère maya (Maya Biosphere Reserve ou MBR) au Guatemala est la plus grande zone protégée d’Amérique centrale. La réserve abrite non seulement des forêts riches en biodiversité et des animaux en voie de disparition, mais aussi 180 000 personnes et des sites du patrimoine culturel de l’empire maya. Les enjeux de la réserve portent à la fois sur la conservation et le développement.

Les ruines de la civilisation maya Tikal sont nichées dans la forêt de la réserve de la biosphère Maya. Crédit photo : Charlie Watson

Les ruines de la civilisation maya Tikal sont nichées dans la forêt de la réserve de la biosphère maya. Crédit photo : Charlie Watson

La MBR est divisé en trois zones : 36% constituent la zone centrale des aires protégées comme les parcs nationaux, où seule la recherche scientifique et le tourisme sont autorisés. Dans la zone à utilisation multiple (Multiple-Use Zone ou MUZ), qui représente 40% de la réserve, des activités d’exploitation des ressources naturelles peuvent être permises s’il y a un faible impact écologique. Dans la zone tampon, une bande le long de la frontière sud de la réserve, diverses usages des terres sont autorisés, y compris l’agriculture.

Faire de la région une réserve, a suscité des protestations : des groupes locaux réclamaient l’accès aux ressources forestières. La décision de laisser la gestion durable des forêts aux mains des communautés locales dans la zone à utilisation multiple était controversée et beaucoup doutaient de leur capacité à préserver la forêt. Pour obtenir et conserver l’accord de concession, les occupants étaient obligés de respecter les normes du Forest Stewardship Council (FSC) pour une gestion durable.

L’étude des Tendances de déforestation dans la réserve de la biosphère maya analyse 15 ans après la déforestation qui s’est  produite dans la réserve entre 2000 et 2013. La réserve dans son ensemble montre 1,2 % de déforestation. Dans la zone tampon 5,5% des forêts ont disparu, dans la zone protégée 1% et 0,4% dans la MUZ. Dans les zones certifiées FSC, la déforestation était proche de zéro.

« Donner aux communautés le droit de gérer les forêts naturelles précieuses pour le bois et d’autres produits issus des forêts à l’intérieur de la zone protégée, était un geste visionnaire. De plus en plus de pays du monde entier transfert le contrôle administratif des forêts à des groupes locaux, comme se fut le cas avec MBR, une sorte de projet pilote pour les pays tropicaux », explique Benjamin Hodgdon, auteur principal de l’étude et directeur technique de Rainforest Alliance.

Carte des changements de la couverture forestière de la MBR entre 2000 et 2013.

Carte des changements de la couverture forestière de la MBR entre 2000 et 2013.

Les menaces qui pèsent sur la forêt dans la réserve de la biosphère maya sont en grande partie des zones transformées en fermes d’élevage. Aussi les plantations de palmier à huile sont une source croissante de déforestation. Les parcs nationaux les plus touchés se trouvent dans la partie ouest de la réserve. Des menaces spécifiques sont liées à la recherche de pétrole, à la construction de routes et à l’exploitation illégale. Il y a de l’élevage bovin dans les zones protégées, certaines zones sont utilisées pour le trafic de drogues, l’exploitation forestière illégale et le braconnage. La déforestation dans les parcs nationaux est souvent associée à la criminalité organisée.

La vaste zone que constitue la MBR est d’une grande diversité, où les zones les plus reculées sont moins affectées. Les auteurs du rapport soulignent que les différentes approches, qu’elles soient réussies ou non, doivent être considérées selon leur contexte. Toutefois, l’étude soutient que la gestion durable des forêts par les groupes locaux peut être un moyen efficace pour préserver les forêts.

« Cette étude montre l’importance de maintenir une stratégie diversifiée pour conserver efficacement la biodiversité dans les pays en développement. Nous exhortons les décideurs d’intégrer une gestion forestière contrôlée au niveau local et des parcs nationaux dans les zones de conservation », dit Roan McNab Balas, co-auteur et directeur de Wildlife Conservation Society (WCS) au Guatemala.

Ci-dessous, une animation basée sur des images satellites montre la déforestation de 1986 à 2007.

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