Agroforesterie/Cacao

Lui dire « je t’aime » avec du chocolat : mais savez-vous de quelles forêts vient le cacao que nous consommons ?

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 » Le cacao que nous consommons en France ne vient pas de forêts humides avec une grande biodiversité sauvage ; il vient le plus souvent de forêts secondaires souvent dégradées en Afrique de l’Ouest, comme je l’ai observé en visitant le Ghana pour la première fois  » affirme Eric Servat, notre responsable Marchés Durables pour l’Europe du Sud. De nombreux chercheurs accusent la déforestation massive qui a suivi l’extension de la culture cacaoyère dans ce pays ces vingt dernières années.

La tendance est même depuis près de 40 ans vers une baisse de l’ombrage dans les plantations de cacao : au maximum 50% des plantations ont un ombrage léger en Côte d’Ivoire, tandis que la technique « plein soleil », qui représente près de 35% au Ghana, à la faveur des producteurs.

Plusieurs raisons à cela selon Goetz Schroth, directeur du programme cacao :

  • Les cacaoculteurs utilisent de plus en plus d’hybrides qui ont été développés pour produire plus au soleil ;
  • Ils n’ont pas accès au marché légal des ventes de bois d’oeuvre. Donc ils ne sont pas incités à planter en intercalaires d’autres arbres sur leurs plantations ;
  • Le développement du cacao a été aussi le fait de peuples migrants qui n’ont pas la connaissance ancestrale des systèmes agroforestiers complexes et qui constatent, avec raison, que faute d’une aération suffisante, la présence de trop d’arbres d’ombrage favorise le développement de maladies comme la pourriture noire tandis que rongeurs et singes se nourrissent de cabosses.

Rainforest alliance et ses partenaires forment les paysans qui le souhaitent aux principes d’une agriculture durable qui visent à intégrer la protection de la biodiversité, l’amélioration des conditions de vie des communautés locales et l’augmentation de la productivité des cultures.

Nous prônons des méthodes d’agroforesterie où nous insistons sur l’utilisation des arbres dans les parcelles agricoles. En Côte d’Ivoire les plantations doivent respecter un nombre minimum d’espèces d’arbres natifs de 12/ha, notamment des arbres fruitiers. Un minimum de neuf espèces d’arbres d’ombrage est requis dans les plantations certifiées. L’objectif premier concernant la densité d’ombre dans une plantation ivoirienne est de 30%. Cette densité est atteinte grâce à la présence de 12-18 arbres adultes/ha, selon les espèces d’arbres. Replanter les meilleurs cacaoyers en alternance avec des arbres d’ombrage qui enrichissent les sols permet aussi de régénérer de vielles plantations.

Les arbres d'ombrage protègent les cacaoyers moins hauts du soleil, réduisent l'érosion des sols et améliorent la qualité des sols en retenant plus d’eau, de carbone et d’azote.

Les arbres d’ombrage protègent les cacaoyers moins hauts du soleil, réduisent l’érosion des sols et améliorent la qualité des sols en retenant plus d’eau, de carbone et d’azote.

Ceci dit il y a une disparité dans les réalités des plantations certifiées Rainforest Alliance. En effet, on ne trouve guère les systèmes agroforestiers traditionnels avec trois niveaux de canopée que dans certaines régions du Cameroun par exemple, ou en Amérique centrale d’où les plants de cacao amazonien ont été importés vers les plus grands pays producteurs actuels (Côté d’Ivoire, Ghana et Indonésie). Les rendements de cacao y sont plus bas dans ce type de plantation originelle dense, et l’idée est d’accompagner le cacaoculteur certifié à développer un cacao d’origine fine qui lui offre plus de revenus : l’ombrage permet une meilleure maturation des fruits, un développement des saveurs pour ces marchés de connaisseurs. Nous avons des projets pilotes en ce sens au nord de Cusco, au Pérou. Nous capitalisons aussi sur des initiatives que nous avons lancées au Salvador comme « Café et Biodiversité » il y dix ans.

Il y a urgence à agir :  » J’ai visité en Sierra Leone des plantations dans une jungle presque intacte, magnifique à voir mais ne permettant pas une agriculture de subsistance heureuse. Elles sont le quotidien de vieux fermiers qui n’ont plus les moyens de les entretenir, ni de les moderniser pour améliorer la qualité de leur cacao, lequel ne leur permet même plus de survivre aujourd’hui  » déclare Éric.

Rainforest Alliance propose donc l’agroforesterie comme une alternative à la culture sur brûlis, en la rendant économiquement plus attractive via des primes «qualité» en Afrique de l’Ouest et la reconnaissance de terroirs d’origine en Amérique centrale et à Madagascar. L’agroforesterie rend des services environnementaux essentiels tels que la préservation de la fertilité des sols et des ressources en eau, la prévention de l’érosion, le stockage du carbone. Enfin, les habitants des communautés en tirent des biens sociaux et culturels, des sources de médicaments, une protection des sources d’eau et des lieux sacrés qu’il convient de préserver aussi pour les générations futures. Tout le monde y gagne. C’est ce retour aux forêts que Rainforest Alliance propose.

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