Agriculture

Production durable de cacao en Côte d’Ivoire autour du Parc National de Taï

Le salon du chocolat ouvrira ses portes à Paris le 30 octobre jusqu’au 3 novembre prochain. Le chocolat est une promesse de gourmandise mais qu’en est-il de la production du cacao ? C’est l’occasion de vous informer, dans les prochaines semaines, sur le projet que nous menons autour du Parc National de Taï dans le Sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Depuis un certain temps, nous travaillons avec plusieurs organisations et institutions afin d’encourager les planteurs de cacao et les communautés locales vivant en bordure du parc, à opérer une transition de l’agriculture conventionnelle vers des pratiques durables conformes à la norme SAN (Sustainable Agriculture Network). Les agriculteurs qui respectent les critères environnementaux, sociaux et économiques de la norme SAN peuvent alors utiliser la certification Rainforest Alliance. chimp31-1 Le projet réalisé autour du Parc National de Taï n’est pas uniquement destiné à assurer des revenus plus élevés et durables aux agriculteurs et à leurs familles mais l’engagement, qui s’inscrit dans le cadre du projet « Verdir l’industrie du cacao » – un projet pluriannuel et conjoint entre le PNUE, le FEM (Fonds pour l’Environnement Mondial) et Rainforest Alliance -, vise également à contribuer à la conservation du parc et de son écosystème original de grande valeur et faunistiquement riche. En 1978, le grand intérêt écologique et biologique du parc de Taï fut reconnu par la communauté internationale. Ainsi l’Unesco l’inclut dans le réseau des Réserves de la biosphère et l’inscrivit en 1981 sur la liste du patrimoine mondial. Le parc abrite des espèces menacées comme les chimpanzés, les éléphants de forêt, les hippopotames pygmées, les singes à longue queue, les bongos et les céphalophes zébrés.

Malheureusement, les planteurs de cacao, ainsi que les producteurs de caoutchouc naturel, ont pénétré plus profondément dans les zones tampons du parc, où l’agriculture est interdite. Les agriculteurs y ont souvent chassés la viande de brousse (la viande d’animaux sauvages), franchissant également les limites du parc. Cependant, conformément à la norme SAN, toute perturbation d’écosystème de grande valeur est interdite, alors ces exploitations agricoles ne pourraient obtenir la certification. C’est pourquoi, il est important d’encourager les producteurs et leurs familles à cultiver le cacao exclusivement dans ​​des zones appropriées en dehors du parc et des zones tampons. Il est essentiel également d’y développer des bonnes pratiques agricoles utilisant moins d’engrais chimiques et de pesticides, d’augmenter les rendements des exploitations et de planter des arbres d’ombrage indigènes. Cela exige non seulement une formation continue théorique mais aussi pratique, par la mise en place de nombreux stages comme ceux dispensés par la Farmer Field Schools auprès des coopératives et des communautés de producteurs.Tout cela se déroule en grande partie sous la direction de Mélanie Bayo de l’ONG ivoirienne CEFCA, partenaire de Rainforest Alliance en Côte d’Ivoire. Le projet implique aussi d’autres partenaires comme l’OIPR (Office ivoirien des parcs et réserves), la GIZ (agence allemande de coopération internationale), le WCF (Wild Chimpanzee Foundation) et Barry Callebaut (leader mondial des fabricants de produits à base de cacao et de chocolat).

Nous avons rencontré James Lomax, du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Il évoque la situation du parc de Taï et plus largement l’impact de la culture du cacao sur la déforestation en Afrique de l’Ouest. Quelle est la particularité du Parc National de Taï en Côte-d’Ivoire ? Quelles sont les menaces qui pèsent sur l’écosystème rare du Parc National de Taï, l’une des dernières grandes zones de vaste forêt primitive tropicale.

Un hommage particulier est rendu – en collaboration avec les organisations participantes – au Wild Chimpanzee Foundation (WCF ), dirigé par son fondateur, le Professeur Dr. Christophe Boesch et directeur du Max Planck de Leipzig. Depuis plus de 30 ans, Boesch et son équipe ont mené des recherches dans la région pour la protection des chimpanzés qui vivent dans le Parc National de Taï. Récemment, ils ont réalisé un grand coup : Pendant plusieurs années, ils ont aidé Disney à produire un film documentaire spectaculaire, qui est sorti dans les salles de cinéma en Europe en 2013. Même si le film a essuyé quelques critiques, il a permis d’attirer l’attention de millions de personnes sur le Parc National de Taï, patrimoine mondial de l’UNESCO, un lieu probablement inconnu de la majorité des Européens auparavant.

À suivre …

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s